samedi 20 février 2010

Anelka et le programme de SES.

Un article incontournable pour qui aimerait comprendre pourquoi on ne peut se limiter à la microéconomie (en Seconde comme après)


La société que l'on souhaite : Nicolas Anelka et le nouveau programme de sciences économiques et sociales en seconde



ICI

8 Comments:

jacques latutter said...

C'est un article où il y a beaucoup de confusions et de rapprochements hasardeux, derrière un vernis de science et de références aux pères de la sociologie.
On peut discuter du programme, on peut en vouloir un autre, mais l'auteur lui fait porter à ce programme un habit bien trop grand pour lui. Comment peut-on raisonnablement dire que le raisonnement économique c'est le chacun pour soi et l'égoïsme ? C'est quand même gonflé de faire un tel raccourci. Comme si étudier quelques aspects de micro (offre, demande, équilibre) c'était faire entrer le diable à l'école, comme si parler du marché signifiait approuver le libéralisme... Franchement, c'est n'importe quoi. L'auteur est manichéen : d'un côté la méchante économie, de l'autre la gentille et utile sociologie. C'est de la manipulation de l'opinion.

Bruno Labaune SES said...

Même si ce n'est pas faire rentrer le diable, quel est l'intérêt de faire rentrer des rudiments de micro économie en classe de seconde...
Je pense que quelques professeurs espèrent qu'avec un "vernis de science" "notre" nouvelle matière y gagnera en respectabilité... C'est pas nouveau.
Quel manque d'ambition par rapport au projet fondateur des SES.

jacques latutter said...

L'intérêt de la micro ? Par exemple étudier, comme un économiste et non un journaliste, la question du chômage. Le passage par le marché (du travail) est indispensable pour éviter les réflexions type café du commerce et montrer aux élèves comment on peut raisonner à partir de représentations graphiques (avec les chocs externes qui modifient les courbes d'offre ou de demande comme le progrès technique, l'immigration...).

jacques latutter said...

Ce n'est pas parce que des historiens et géographiques ont mis en place les SES au lycée qu'il faut rester prisonnier de leurs conceptions de notre matière. Aujourd'hui, c'est aux économistes et sociologues de dire ce que sont et ce que doivent être les SES. L'Association française de sociologie vient d'infliger un double camouflet à l'Apses : elle reconnait que le nouveau programme est positif et que le contre programme ne l'est pas.

Bruno Labaune SES said...

Qui est manichéen cette fois ?

Si l'AFS n'apporte pas un soutien franc et massif à l'APSES sa conclusion est plus nuancée que votre analyse.

Conclusion de l'AFS :
"En conclusion, il est très appréciable que le programme de seconde de SES soit désormais obligatoire pour tous les élèves (et c'est le seul enseignement d'exploration qui soit dans ce cas, ce qui n'est pas rien). L'AFS demande cependant que ces programmes de l'enseignement d'exploration de seconde de SES soient revus et que l'équilibre entre éclairages venant de la sociologie et éclairages venant de l'économie (les autres disciplines se révélant absentes) tienne compte, non des désirs d'attaquer la sociologie, mais de l'apport que chaque discipline peut apporter sur une question donnée. Les choix doivent être pilotés par les questions traitées et non par des raisons idéologiques.

jacques latutter said...

Vous demandiez à quoi peut servir la microéconomie en seconde ? A analyser le "marché du travail" et donc le chômage : le coût du travail est-il une cause de chômage ? le progrès technique est-il responsable du chômage ? etc. On peut montrer une représentation graphique de modifications de facteurs externes sur le niveau d'emploi. C'est plus formateur que de chercher à faire un portrait robot du chômeur.

Pascal Roggero said...

Cher Monsieur Latutter,

Je découvre votre commentaire de mon texte de Mediapart relayé sur ce site. Je passerai sur les termes utilisés, assez peu démonstratifs et peut-être un peu excessifs - "hasardeux", "vernis", "raisonnablement", "gonflé", "diable", "n'importe quoi", "manipulation" "manichéen". Outre qu'il n'y a pas une once de démonstration dans le propos, je voudrais signaler qu'il caricature le mien. En l'occurrence, c'est votre lecture qui est manichéenne. Relisez le honnêtement et vous y verrez que je suis pas contre l'introduction de la microéconomie mais contre le fait qu'on le fasse au détriment des autres sciences sociales et en seconde ce qui est "pédagogiquement débile". Mais, il y a une autre dimension, sans doute plus importante, que je n'ai pas développée, il s'agit du caractère "épistémologiquement rétrograde" de la réforme. A trop cultiver la monodisciplinarité on marche à reculons face aux exigences cognitives de la complexité. C'est désespérant. On peut l'applaudir, sans doute, mais alors sans moi.

Anonyme said...

Je suis surpris que M. Roggero qui refuse d'assumer tout commentaire sur son blog s'intéresse à ce qu'on dit sur son article sur d'autres blog et intervienne pour débattre.